Où sont réellement les métiers en tension dans les vins & spiritueux ?
· Mis à jour le · 2 min de lecture · Anne Baroin
Parler globalement de « pénurie de talents dans le vin » est peu utile.
La filière rassemble des métiers très différents, implantés dans des territoires différents et soumis à des contraintes différentes.
Les difficultés de recrutement ne se situent donc ni au même endroit ni pour les mêmes raisons.
À la vigne : une tension fortement liée au terrain
Les postes d’ouvriers qualifiés, tractoristes, chefs d’équipe ou futurs responsables de culture peuvent être difficiles à pourvoir.
La difficulté ne vient pas seulement du nombre de personnes disponibles.
Elle concerne aussi le niveau de technicité, l’expérience du matériel, l’autonomie, les pratiques culturales, la capacité à encadrer et la localisation.
Les contraintes physiques, météorologiques et saisonnières jouent également sur l’attractivité.
En cave : technique, autonomie et management
La disponibilité d’un caviste n’est pas la même que celle d’un Chef de Cave capable d’organiser une équipe, piloter plusieurs vinifications, assurer la traçabilité et arbitrer dans les périodes critiques.
Plus le poste combine expertise technique, autonomie et management, plus le vivier se resserre.
La temporalité compte également : une recherche engagée peu avant les vendanges rencontre un marché très différent de celui d’une recherche lancée plusieurs mois en amont.
Dans le commerce : la tension dépend du circuit et du marché
Parler d’un commercial « vin » ou « export » n’est pas suffisamment précis.
Certaines expertises deviennent rares lorsqu’elles combinent connaissance d’un circuit, expérience d’un marché géographique, réseau, autonomie et capacité à travailler depuis une localisation imposée.
Un KAM GMS, un développeur CHR et un responsable de zone export ne se trouvent pas dans les mêmes viviers.
La géographie amplifie ou réduit la difficulté
Deux postes identiques peuvent présenter des niveaux de difficulté très différents selon leur implantation.
Certaines fonctions support ou commerciales disposent de viviers plus importants autour des grandes métropoles.
D’autres exigent une présence quotidienne dans des zones où la mobilité suppose un véritable changement de vie.
La tension ne vient donc pas uniquement du métier.
Elle naît souvent de la combinaison :
métier + séniorité + localisation + conditions + contexte de l’entreprise.
Éviter le diagnostic trop simple
Lorsqu’un recrutement est difficile, conclure immédiatement à la pénurie peut empêcher de poser les bonnes questions.
La compétence est-elle réellement rare ?
La zone géographique réduit-elle fortement le marché ?
Les conditions proposées sont-elles compétitives ?
Le niveau d’exigence est-il cohérent avec la rémunération ?
Certains critères pourraient-ils être appris plutôt qu’exigés dès l’arrivée ?
Comprendre où se situe réellement la tension permet d’adapter la stratégie de recherche plutôt que de subir le marché.